Démarche artistique
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Je me suis engagé dans la création artistique à l’âge de dix-sept ans, avec le désir de construire un langage plastique personnel, ancré dans mon époque mais attentif à la continuité de l’histoire de l’art. C’est pourquoi ma pratique ne se veut aucunement disruptive, mais cherche à s’inscrire
plutôt dans une évolution progressive des arts. Mes références vont ainsi de l’art paléolithique — notamment Lascaux — aux œuvres de Christian Boltanski autour de la mémoire et de la légende, en passant par Claude Monet, Mark Rothko, Jackson Pollock, Gerhard Richter et Anselm Kieffer…
Lumières et textures
Dès mes débuts, mes recherches se concentrent sur l’interaction entre lumière, couleur et texture. Cette attention provient notamment de mon observation des paysages agricoles — vignes, blés, tournesols — dont les trames, mises en vibration par la lumière
du matin ou du soir, produisent moirures et ondulations. Quel que soit le médium employé, mes œuvres visent à activer ce que j’appelle le « regard tactile », en sollicitant simultanément la vue et une forme de perception sensitive de la matière.
Matière, fils, strucutre
Il y a une vingtaine d’années, cette recherche m’a conduit à intégrer dans mes compositions des matériaux non picturaux : carton, sciure, fragments d’éponge, et surtout fibres textiles (toiles partiellement détissées de lin et de jute notamment). D’abord introduits pour enrichir la dimension graphique, ces matériaux ont progressivement acquis une fonction structurelle et symbolique. Les fils et tissages, par leurs tensions, relâchements ou
ruptures, constituent un véritable vocabulaire : ils évoquent la continuité ou la déliaison, la résistance ou l’effritement, ce qui tient encore et ce qui est en train de se défaire. Dans ce processus, la matière guide la composition autant que la main : « le fil tient le crayon ». Leur utilisation libère également une part décisive et importante d’aléa, essentielle à l’énergie du travail.
Mise en couleur et révélation
Le support et les éléments de matière sont préparés conjointement à l’aide d’un enduit qui les solidarise. La mise en couleur intervient ensuite par strates successives. Un aplat sombre sert de base, apportant son grain particulier aux brumisations de couleur liquide. J’utilise divers procédés combinés pour chaque réalisation : pinceaux, brosses, frottages, glacis, peinture acrylique et
huile, impressions à l’éponge, pochoirs, projections et brumisations de couleur liquide. La couleur, déposée en couches successives, agit comme un révélateur : elle révèle les reliefs, unifie ou différencie les textures, et donne forme à la composition préparée en amont. Ce processus, proche d’un développement photographique, fait émerger l’œuvre dans sa cohérence finale tel un révélateur chimique.
Voir les étapes de création de "Danse lumière" (Cliquez sur l'image)









Brumisations à la brosse à dents
Impressions à
l'éponge
projections de
couleur liquide
Motifs au pochoir
Inclusion de morceaux de carton
Inclusion de toile de lin partiellement détissée
Inclusion de toile de jute partiellement détissée
Inclusion de cordon de coton
Inclusion de bouts de corde de chanvre


